L’eau n’est pas une poubelle

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Que ce soit à la maison ou au travail, nous utilisons si souvent l’eau que nous en venons à la tenir pour acquis. Chaque litre d’eau que nous utilisons, contaminé par nos actions, est traité dans une station d’épuration où le traitement n’est jamais efficace à 100 %. De 80 à 90 % des matières entrantes sont enlevées dans tout le processus de traitement des eaux usées. Le reste retourne à la rivière.

L’eau traitée qui est retournée à la rivière Richelieu revient, en boucle, dans une station de filtration d’eau potable qui la traite à nouveau pour être réutilisée dans nos activités quotidiennes, d’où l’importance de s’abstenir d’y déverser des produits toxiques et des médicaments.

En plus de faire attention aux produits qu’on rejette dans l’eau, il ne faut pas prendre les toilettes pour des poubelles. Cette pratique gaspille beaucoup d’eau en plus de causer des problèmes dans les systèmes d’assainissement. Préservatifs, lingettes jetables de tout acabit, serviettes sanitaires, soie dentaire et restant de repas devraient plutôt prendre le chemin des poubelles. C’est sans compter que certains résidants déversent encore dans les puisards des produits liquides comme de la peinture, de l’huile, des solvants, de l’essence et du gazon. Tous ces produits se retrouvent dans l’une des stations de pompage opérées par les villes et la Régie d’assainissement des eaux de la Vallée du Richelieu (RAEVR) qui dessert depuis 1997 les quatre villes de Beloeil, McMasterville, Mont-Saint-Hilaire et Otterburn Park.

Les restes de nourriture, d’huile et de graisse sont également dommageables et entraînent des consommations d’eau non nécessaires. Il vaut mieux les jeter à la poubelle. Les huiles et graisses présentes dans les eaux usées peuvent figer au contact de l’eau froide, s’accumuler en certains points du réseau et engendrer le colmatage de certaines portions de conduites dans le réseau d’égouts.

Sans oublier que les objets ou matières solides déversés dans le réseau d’égout causent des bris aux équipements de pompage occasionnant ainsi l’arrêt des pompes, le déversement d’eaux usées à la rivière et sans compter les coûts dispendieux de réparation toujours payables par les mêmes citoyens et citoyennes.

Il est donc primordial d’être sensibilisé à ce que nous rejetons dans le réseau d’égout, d’éviter que nos infrastructures servent de poubelles et qu’enfin nous puissions un jour jouir d’une eau propre.

Comprendre le traitement

Le Programme d’assainissement des eaux du Québec (PAEQ), mis en place par le gouvernement du Québec en 1978, est venu répondre à l’inquiétude grandissante du problème de pollution causé par les eaux usées. Aujourd’hui, 98 % des résidences et industries québécoises sont reliées à un système d’assainissement des eaux usées. Il est difficile d’imaginer qu’il y a une dizaine d’années seulement, les égouts de la région étaient envoyés directement dans la rivière Richelieu.

Une station d’épuration peut posséder trois niveaux de traitement: primaire, secondaire et tertiaire. Le traitement primaire permet de filtrer la matière solide. Le traitement secondaire permet de digérer la matière organique en suspension et dissoute dans l’eau. Pendant ce traitement, des organismes microscopiques mangent la matière organique contenue dans l’eau en l’utilisant comme source d’énergie. Un traitement tertiaire, comme c’est le cas à la RAEVR avec la désinfection par ultra-violets, sert principalement à désinfecter l’eau des coliformes.

Pour plus de renseignements: Régie d’assainissement des eaux de la Vallée-du-Richelieu, 450-464-0041.